La consommation collaborative: remède ou alternative?

Le souffle de la consommation ostentatoire et du marketing ultra personnalisé a t-il atteint ses limites ? Nul doute que la crise joue son rôle, les individus se tournent aujourd’hui de plus en plus vers la consommation participative, un phénomène grandissant de mutualisation de l’utilisation des produits. Alors la consommation collaborative, remède ou véritable alternative?

 

La consommation participative : Des chiffres évocateurs.

82%. Oui, c’est le pourcentage de français qui sont heureux, selon l’observatoire du bonheur, mais 82% c’est aussi le nombre de français qui associent l’économie collaborative à un remède à la crise que nous traversons. Une coïncidence ? Certainement, nous y voyons aussi un moyen futé de gagner un peu d’argent, sous-entendu arrondir ses fins de mois. Et puisque l’on parle d’argent, voici une deuxième statistique intéressante : il est possible de faire jusqu’à 60% d’économie sur le prix d’une location d’un garage, d’une cave, par exemple, en passant par un site de consommation participative. Impossible ? Testez et vous verrez ! D’ailleurs, les français sont déjà un sur deux à avoir utilisé un mode de consommation collaborative. Phénomène encore plus marqué chez les moins de 25 ans, qui pourraient bien nous montrer la voie. En somme, voilà un excellent moyen de lier l’utile à l’agréable. Solution ponctuelle hier, véritable alternative demain, le phénomène de la consommation participative semble prendre son envol.

 

La consommation collaborative, une alternative au capitalisme ?

Cloisonnés dans une société qui a longtemps valorisé l’achat, la possession, et ce à outrance, il semble que ce système économique ait lui aussi, son obsolescence programmée. Une nouvelle voie qui fait muer la consommation, ostentatoire et poussée à son paroxysme, à un besoin responsable, un cercle davantage vertueux qui tendrait vers la possession éphémère. Loin de la recherche de profit, la consommation collaborative capitalise sur sa capacité à inciter ses acteurs, à prendre soin de leur matériel, voire de réparer ensemble leurs biens, afin de prolonger leur durée de vie, et par conséquent, leur pouvoir de partage. On assiste à la naissance d’une nouvelle culture citoyenne, qui engage la responsabilité de chacun. Alors on s’attend à un grand changement, on n’achètera plus un produit mais un service. Et si certains se sentiront désemparés devant la perte affective liée à la possession, d’autres se réjouiront du vent léger qui porte le gain d’optimisation de temps (renseignement et d’achat),  et d’espace (objets encombrants). Et cette économie parallèle ne tient, pour le moment, qu’à quelques sites mutualisant des idées et des concepts.

 

L’avènement d’une économie parallèle.

Appuyé par un usage du web qui rentre dans les mœurs, un vrai élan est en train de naitre. Prêter sa voiture ou son lave-linge, faire le voyage avec quelqu’un d’autre, le crowdfunding, les vélos des grandes métropoles, autant de services de partage qui vont s’étendre à d’autres produits. Ajoutons à cela, un pouvoir d’achat, pas seulement en baisse, mais que le changement de mentalité progressif fait se répartir différemment. On va préférer utiliser un mode de consommation collaboratif dans un souci de prix et de praticité, ou choisir d’investir dans un objet,  en sachant que la location permettra de rentabiliser, d’une manière citoyenne et en rendant service, l’achat contracté. L’économie parallèle prend donc effet, en allant chercher localement, le service dont nous avons réellement besoin. On peut ici faire le parallèle avec les locavores, cette tranche de la population qui ne consomme que de la nourriture produite localement (dans un rayon de 250 kilomètres maximum). Et nul n’est utopiste de croire que cette notion ne se limitera pas aux produits comestibles, mais à l’ensemble des produits. Pour aller plus loin dans notre réflexion, ce nouveau mode de consommation, dans la mesure où sa généralisation se confirme, nous amènerait à revoir notre modèle économique, en valorisant le partage, voire la créativité, et non la consommation pure. L’État et son rôle institutionnel intervient, avec pour objectif de modifier son système de taxe sur la consommation. On peut dès lors imaginer que la TVA disparaisse, et laisse place à une taxe sur l’achat qui soit davantage élevée, et une taxe sur le service, qui soit elle, moindre sur la location et les services connexes à l’achat (réparation, maintenance, échange).

 

Un potentiel qui s’exprime.

Les nouvelles idées de consommation participative ne connaissent pas la crise, l’histoire est en marche. Google se découvre une passion pour la consommation collaborative, notamment en investissant quelques 258 millions de dollars dans Uber (août2013), PSA prend 20% du capital de Wedrive, application de covoiturage domicile-travail, et Blablacar a levé 100 millions de dollars. Les solutions d’autopartage se développent dans les métropoles et on dénombre même l’ouverture de 558 ruches en France, redonnant plus de place à la nature et par la même occasion, réduisant la longueur des circuits de distribution et le temps de transport. La consommation participative n’en est qu’à son crépuscule, dans une époque où les fondements les plus anciens de notre civilisation ressurgissent, celui d’agir ensemble, dans le respect de notre écosystème.

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Auteur: Damien

Entre basket, écriture et philosophie, je dribble avec des mots pour en faire des théories.

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